Grève à l’ARS : « J’avais le droit de saisir les syndicats nationaux », se justifie Dominique Voynet

En réponse au préavis de grève signé pour le 26 octobre par 4 syndicats départementaux, avec la CFDT en tête de liste, la directrice de l’ARS Mayotte avance un pion national. Et s’explique sur les accusations qui lui sont faites.

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Dominique Voynet répond aux attaques

C’est une réponse directe à la CFDT que fait ce vendredi Dominique Voynet en ayant conviée la presse. A la CFDT exclusivement pour un préavis de grève pourtant signé à 4 mains,  car elle ne reconnaît pas d’autres syndicats issus des élections du Comité provisoire d’Agence. « Le préavis de grève est bien signé par 4 syndicats représentatifs, mais nous sommes dans une situation spéciale, transitoire. » L’ancienne ministre avait été accusée par la CFDT d’avoir sollicité les syndicats nationaux pour étouffer le conflit dans l’œuf. La CGT et FO expliquaient n’avoir « pas été consultés ». « J’en avais le droit, l’ARS étant régie par le code de santé publique, pour le dialogue social, les textes prévoient que ce sont les centrales nationales qui désignent leurs représentants. Or, la CFDT voulait introduire dans la discussion des personnes qui ne sont pas représentées. »

Lors de l’éclatement de l’ARS océan Indien en deux entités, l’ARS Mayotte et l’ARS Réunion, le comité d’Agence et le CHSCT ont fusionné explique-t-elle. Donnant une structure provisoire, « les élections devaient se tenir en mai mais ont été repoussées au 26 novembre pour cause de Covid. » Pour compliquer davantage l’affaire, les deux délégués élus au titre de l’UNSA, ont basculé à la CFDT.

Ce vendredi matin, elle refuse donc tout échange avec les délégués départementaux des syndicats locaux qui se sont présentés. « J’ai proposé que l’on règle d’abord les problèmes internes à l’agence, et que lundi, je rencontre les délégué départementaux pour aborder les autres sujets. » La séance fut donc suspendue.

Si elle évoque une montée de température liée à l’échéance des élections professionnelles dans 3 semaines, il suffit de regarder la liste des revendications pour penser que le mal est plus profond. Dominique Voynet aborde donc le fond.

Retravailler un Projet de santé propre à Mayotte

Vu le contexte sanitaire, il faut espérer que le dialogue soit renoué à l’ARS

En matière de montée en compétence des agents mahorais, elle revendique la paternité du plan de formation individualisée, « c’est dû par l’employeur, mais j’avais proposé qu’on attende les élections professionnelles pour figer un calendrier. J’ai également proposé de consommer les crédits de formation 2020 qui ne l’ont pas été à cause du Covid ».

Même reconnaissance de paternité sur la reformulation d’un Projet Régional de Santé (PRS) propre à Mayotte. Il fut adopté en mars 2019 pour les deux structures Réunion et Mayotte. Il y avait de quoi être inquiet vu la situation dans laquelle le précédent PRS avait laissé le territoire : lors de la présentation de son bilan, Etienne Billot, alors Directeur général adjoint de l’ARS OI, ponctuait chaque point par « offre très déficitaire à Mayotte ». Ce qui justifiait à lui seul le penchant des mahorais pour une ARS en nom propre.

Le nouveau PRS a été adopté semble-t-il avec retard, mais en tout cas, ce document administratif très lourd fait l’objet d’une proposition de « rédaction allégée », informe Dominique Voynet.

Sur la problématique du DGA Mouhoutar Salim, le préavis de grève fait état d’un poste quasiment vidé de sa substance, « c’est régularisé », répondait brièvement Dominique Voynet, qui en profitait pour expliquer ne pas vouloir entrer dans le jeu des communautarismes : « Certains m’accusent d’avoir traité les mahorais d’incompétents, c’est faux. Et d’ailleurs, en moins d’un an, j’ai nommé 5 mahorais chef de service. Et je ne le regrette pas. Ce qui prime pour moi, c’est la compétence et l’expérience. » Elle explique s’être battue pour que des représentants syndicaux siègent au sein de la Conférence Régionale de Santé et d’Autonomie.

Un bonus dans ces échanges, sur lequel le(s) syndicat(s) doivent s’appuyer, c’est que la directrice de l’ARS ne craint pas d’appeler un chat un chat, supposant que des échanges francs soient possibles. Elle indique conserver son « désir de dialogue ».

Anne Perzo-Lafond

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